Une rentrée 2019 pleine de promesses

Une rentrée 2019 pleine de promesses

En matière de formation professionnelle, les métiers du bâtiment (Gros oeuvre, Second oeuvre, Métiers techniques) se sont toujours montrés très actifs et dynamiques.

Les entreprises ont la notion de transmission des savoir-faire chevillée au corps et cette tradition séculaire n’a jamais été remise en cause, que ce soit par la situation conjoncturelle, l’évolution des matériaux et techniques ou différents changements qui ont jalonné l’histoire du secteur.
Dans un canton comme Genève qui a donné une grande importance à la voie gymnasiale et académique au détriment de la voie professionnelle, c’était une gageure pour les entreprises de continuer sans relâche de former leur relève. La crise des années 90 n’a pas altéré ce magnifique effort qui fait de notre secteur le premier en la matière depuis plusieurs années déjà.

Aujourd’hui, l’apprentissage regagne ses lettres de noblesse. La formation continue se développe. Les métiers manuels ont enfin une meilleure presse. Cela vaut tout particulièrement pour les métiers du bâtiment qui de surcroît bénéficient de conditions de travail généreuses et en constante amélioration.
Juste après la rentrée scolaire un état des lieux dans les métiers du Gros œuvre apporte un éclairage intéressant.
Ce sont ainsi 87 jeunes qui sont en formation dans les différentes filières, dont 36 rien qu’en première année, chiffre en progression par rapport à 2018-2019.

La répartition femmes-hommes reste très largement déséquilibrée, mais il y a actuellement 2 maçonnes en cours d’apprentissage, ce qui est - si ce n’est une nouveauté - en tout cas une confirmation que l’accès des femmes aux métiers du bâtiment progresse un peu, comme le démontre également une première titulaire du CFC en CVC (Construction de voies de communication, soit le génie civil).

Il est aussi intéressant de relever que l’âge moyen des jeunes en formation a légèrement baissé, sans qu’il soit cependant à ce stade possible d’en tirer une véritable évolution.
Le taux de réussite moyen aux examens finaux est remarquable, même s’il diffère d’une filière à l’autre et s’établit à 95% pour l’année 2018-2019.

En matière de formation continue, les efforts se concentrent sur les différents permis de machinistes et les formations d’encadrement (chef d’équipe notamment), avec actuellement 58 personnes concernées pour l’année scolaire en cours. D’autres formations plus courtes se déroulent tout au long de l’année. S’agissant plus particulièrement des machinistes, la mise en place des nouveaux permis selon le standard K-BMF (du nom de l’association paritaire suisse responsable des cours de base de grutiers et de machinistes) s’est faite en étroite collaboration avec l’Etat de Genève. Cela profite à tous les corps de métiers qui en ont besoin, ainsi qu’à tous les organismes étatiques intéressés (communes et régies publiques).

Genève sait parfois se montrer pionnier et source d’inspiration pour d’autres cantons, comme le démontre l’élaboration et le développement du « Guide de suivi des apprentis en entreprises » qui offre une aide précieuse et synthétique aux différents responsables dans l’entreprise. En particulier, ce guide reprend les compétences que l’apprenti doit acquérir sur les chantiers en quelques pages. Il se révèle déterminant dans la réussite des examens pratiques.

Dans un domaine en constante mutation, plusieurs priorités ont été mises en exergue, qui touchent notamment au développement de modules complémentaires, avec le soutien des entrepreneurs, pour parfaire la formation des apprentis. Cela concerne par exemple la sécurité, l’élingage (levage de charges à l’aide de cordages), ou le permis de machiniste M1 (petites machines de chantier jusqu’à 5 tonnes).

Il est aussi important que les apprentis en formation s’ouvrent à d’autres horizons et contribuent à la cohésion du groupe auquel ils appartiennent. Le voyage d’étude y contribue indéniablement et il est vivement encouragé d’y participer.

De nombreux défis se présentent pour les années à venir comme :

  • Réussir avec la SSE Centrale, association nationale du secteur principal de la construction (ou Gros œuvre) le projet Masterplan 2030, qui a vocation à moderniser la formation du secteur principal de la construction, en ayant une participation active et constructive.
  • Promouvoir la formation continue dans son ensemble, afin de doter notre secteur d’une main d’œuvre qualifiée, ayant le potentiel de progression nécessaire à l’accompagnement des évolutions technologiques.
  • Collaborer avec d’autres corporations telles que JardinSuisse et les charpentiers pour la formation des apprentis dans des thématiques telles que celles des machinistes et de l’élingage.
  • Travailler sur la modernisation des formations dans leur ensemble.
  • Assoir la crédibilité de Genève en Romandie et pourquoi pas au niveau Suisse, en développant des projets en commun.